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Daniel Bernard

Daniel Bernard

La Route de l’or bleu (La Découvrance)

Ce livre peint l’histoire d’une couleur : le bleu. Depuis l’Antiquité, des bleus extraordinaires se côtoient à Constantinople : le bleu des caravanes de la soie, le cobalt de Samarkand, l’anil qui donnera son nom au Nil bleu d’Égypte, et l’indigo de Grèce qui en grec ancien se disait indikon (provenant des Indes.) Bizarrement, ces bleus s’arrêtent aux portes de l’Europe.
Au Moyen Âge, le bleu rivalise avec l’étendard vert de l’Islam triomphant ; la cour de France s’habille de “bleu roi”, la Vierge de “bleu marial” et l’improductif désespoir des peintres et des écrivains se transforme en “bleu à l’âme” fécond.
Au XVIe siècle, des volets bleus apparaissent aux fenêtres des îles de l’Atlantique.
Partout, sauf dans l’île de Ré où les volets restent verts. Sans doute l’usage, l’histoire, le hasard ont-ils poussé les insulaires à peindre leurs volets comme on brandit un étendard. Mais d’où proviennent ces couleurs bleues et vertes, jusque-là inconnues sur le littoral ?
Le pastel voit le jour à Toulouse. Unique en Europe, ce bleu féerique va fournir aux navigateurs bretons l’occasion de se sublimer. Les Bigoudens de Penmarc’h, pour qui la couleur n’est pas un métier, vont braver l’océan, se lancer sur la plus incroyable route qui n’ait jamais existé : de Toulouse à Anvers par Bordeaux et La Rochelle et partir à l’assaut du monde.

Le voile peut enfin se lever sur le mystère de La route de l’or bleu.

L’or bleu : une couleur romanesque, un personnage de légende
La route de l’or bleu a été écrite avec le concours de François Blanchard photographe grand reporter et d’Alain Gaudillat spécialiste des cartes anciennes.

Sonate pour le saxo d’Octave (Al Manar)

Une histoire de famille et d’amours

Daniel Bernard nous dévoile la vie des sauniers et celle de son grand-père Octave avec qui il parcourait plus jeune les marais et que l’on surnommait « Le Sax ». L’insouciance de sa jeunesse, le lamento d’une seule note de son saxo, Lydia appelée « La Douce », puis la guerre qui change la donne et le temps qui passe, transformant les hommes comme les paysages.

Les liens de filiation, d’amour et d’amitié sont les racines de cette histoire. Les sentiments sont décrits, déployés, au fils des pages et des mots, nous laissant entrevoir sensualité et érotisme. Des liens tissés par un grand-père admiré de sa descendance :

« Reconstruire le grand-père
le façonner de glaise, d’océan et d’oiseaux
l’habiller de vent pour mieux le ranimer
deux gouttes d’eau fossiles en place de ses yeux bleus
devenus pierres à force de ne plus voir
et un écrin de brume pour sortir son âme en crue
aussi fraîche que rosée et cœur de camélia »

La symphonie des sens au service d’un voyage immobile

Chaque page de « Sonate pour le saxo d’Octave » mobilise un sens nouveau : la vue avec la description de nombreux paysages, des bords de l’océan aux marais salants. Des paysages, qui selon la lumière, nous font passer de l’angoisse à la plénitude. Des lieux qui s’amoncellent dans notre esprit comme des tableaux.

L’ouïe ensuite, avec le bruissement des herbes folles, le murmure des vagues, le grondement de la mer au loin et surtout la profondeur de la musique du saxophone d’Octave.

Et enfin, la simplicité du goût et du toucher, pour nous décrire les amours d’Octave et pour nous parler des caresses du vent salé. Des mots tendres et sensuels, précis et remarquables, pour nous faire revivre le contenu de ce recueil et nous transporter au plus près du « Sax. »

« Une lune au teint de craie ébréchée comme un bol
avançait à grandes enjambées
peignant les baisers du Sax comme perles de collier
avec des crayons de couleur
L’horloge des marées cernait les ailes du temps
de peinture verte comme celles du moulin du saunier. »

Une Ode à la nature et à la beauté d’une région

Le Fier d’Ars, l’océan, Lilleau des Niges, les marais, les digues, les pierres, les sauniers, le sel… L’île de Ré est au cœur de chaque page, au cœur de chaque mot. Daniel Bernard nous parle d’une nature belle et capricieuse, des marais chers aux habitants de l’Ile et que les touristes méconnaissent.

Une célébration des éléments devant laquelle toute personne se sent partagée entre impuissance et admiration. L’auteur nous dévoile les paysages de son enfance, les lieux écorchés par l’homme, la violence des intempéries et aussi la tempête Xynthia. « Sonate pour le saxo d’Octave » souligne que la nature comme les êtres, la vie comme les sentiments peuvent être animés par la fureur de l’océan. « Sonate pour le saxo d’Octave » souligne que la nature comme la vie, les corps et les sentiments peuvent être abîmés par le temps qui passe.

« Fils d’une île aux rives desséchées
entraînés au loin dans l’impatience du soleil
il vous faudra chercher sommait le Sax
là où la vague des fenouils s’érige en colline
là où chaque quinzaine un marais perdu se pend
à la grande aiguille de l’horloge des marées

Il vous faudra renouer avec le solstice d’été
croire au désert humide
au partage des eaux entre mer et clocher »

Comme le conclut Vénus Khoury Ghata, prix Goncourt poésie 2011, dans la préface de « Sonate pour le saxo d’Octave », ce sont des textes-offrande au grand-père musicien.

Des mots qui sonnent, qui transportent, qui éclairent et résonnent. Un recueil à lire comme une invitation au « voyage immobile » et à contempler la fureur du paysage.

Editions Al Manar, Alain Gorius.

Pour en savoir plus :

Site web : www.danielbernard.fr

A propos de l’auteur

Fidèle à son île de Ré natale, où sa famille est ancrée depuis plus de cinq siècles, Daniel Bernard est l’auteur de plusieurs ouvrages dont Le Saunier de Saint-Clément, Les Magayantes, Sonate pour le saxo d’Octave, La scandaleuse baronne de Tencin et Les Flamboyants distingué par le Prix André Chénier.
Cet amoureux de La Rochelle et de ses îles partage son temps entre l’écriture et la mer où il puise son inspiration.

 




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