François-Henri Désérable

Le Palais (Gallimard)
Arun Kumar est doté d’un palais absolu, une mémoire des arômes et des saveurs si précise et si vaste qu’elle tient du prodige. Ce don extraordinaire, il l’emploie à fabriquer de faux grands crus, capables de tromper les palais les plus fins, les collectionneurs les plus fortunés, les experts les plus redoutables. Des bidonvilles de Delhi aux vignes de la Côte-d’Or, des îles Marquises aux tours de Manhattan, François-Henri Désérable signe avec Le Palais un grand roman d’aventure sur le vin, portrait d’un génie hors-la-loi dont les crimes se dégustent.
« Arun longea la décharge et suivit le chemin sinueux déblayé par les pelleteuses. En moins de vingt minutes, il avait atteint un plateau bosselé, grand comme dix terrains de football. L’air y était saturé de méthane et d’ammoniac et le sol, meuble et gluant. Il dormit là trois jours et trois nuits, à même les ordures, sans boire ni manger. Au matin du troisième jour, il crut voir s’éloigner dans des feulements un tigre du Bengale, qui le fixait de ses yeux jaunes. Quand il se leva, il n’était plus le même homme ; il se sentait habité par une force muette et paisible, animé d’une clarté nouvelle, doué de sens et de but : il deviendrait riche et redresserait les torts de ce monde. Et pour cela il n’aurait qu’à s’appuyer sur son palais, celui aux milliers de saveurs désormais dominé par une seule : le goût terrible, inassouvi de la revanche. »
Voyage hédoniste en Italie Nord Est (Michelin)
Le Grand Tour, une collection pour renouer avec l’enchantement initiatique du Grand Tour du XVIIIᵉ siècle.
Venise peu après la Seconde Guerre mondiale : une jeune Française croise la route d’un gondolier sur le campo Santa Maria Formosa.
Dans ce récit, François-Henri Désérable raconte ses origines vénitiennes. Une histoire très personnelle suivie de ses coups de cœur pour visiter Venise.
« Et puis un jour, j’ai fini par y aller. Je venais d’avoir vingt-trois ans. […] Arriver à Venise, c’est donner son vrai nom au bonheur. »
Retrouver dans cet ouvrage 5 itinéraires hédonistes et leurs carnets de curiosité : Prolongez le plaisir du récit et la visite de Venise en partant explorer la région Nord-Est. Chaque itinéraire est accompagné d’un carnet de curiosités, une sélection de points d’intérêts, d’adresses, de sites emblématiques comme de lieux plus secrets.
Chagrin d’un chant inachevé. Sur la route de Che Guevara (Gallimard)
« Cet automne-là, les taux d’intérêt étaient en baisse, les prix de l’immobilier en hausse, ma famille, mes amis s’inquiétaient : est-ce qu’il n’était pas temps que j’investisse dans la pierre ? Avec un peu de chance et un banquier indulgent, je pouvais peut-être m’endetter sur trente ans (mon âge à l’époque). Je n’en avais ni les moyens ni l’envie. Signant un acte de vente, j’aurais eu la sensation de signer mon propre registre d’écrou — et de voir ma liberté circonscrite à quelques mètres carrés. Et puis un appartement, ça se meuble ; aux meubles, il faudrait toujours préférer son sac de voyage. »
De Buenos Aires à Caracas, François-Henri Désérable nous embarque dans une formidable traversée de l’Amérique du Sud. Cinq mois à moto, en stop, en bateau, avec une seule contrainte : emprunter l’itinéraire qui fut celui d’Alberto Granado et d’Ernesto « Che » Guevara, lors du fameux voyage à motocyclette, soixante-cinq ans plus tôt.
L’Usure d’un monde – Une traversée de l’Iran (Gallimard)
« La peur était pour le peuple iranien une compagne de chaque instant, la moitié fidèle d’une vie. Les Iraniens vivaient avec dans la bouche le goût sablonneux de la peur. Seulement, depuis la mort de Mahsa Amini, la peur était mise en sourdine : elle s’effaçait au profit du courage. »
Fin 2022, au plus fort de la répression contre les manifestations qui suivent la mort de Mahsa Amini, François-Henri Désérable passe quarante jours en Iran, qu’il traverse de part en part, de Téhéran aux confins du Baloutchistan. Arrêté par les Gardiens de la révolution, sommé de quitter le pays, il en revient avec ce récit dans lequel il raconte l’usure d’un monde : celui d’une République islamique aux abois, qui réprime dans le sang les aspirations de son peuple.
Mon maître et mon vainqueur (Gallimard)
« Le cahier, c’était la première chose que m’avait montrée le juge, quand tout à l’heure j’étais entré dans son bureau. Sous la couverture souple et transparente, on pouvait lire au feutre noir : MON MAÎTRE ET MON VAINQUEUR.
Sur les pages suivantes, il y avait des poèmes. Voilà ce qu’on avait retrouvé sur Vasco : le revolver, un cahier noirci d’une vingtaine de poèmes et, plus tard, après expertise balistique, des résidus de poudre sur ses mains.
Voilà ce qu’il en restait, j’ai pensé, de son histoire d’amour. »
Un certain Monsieur Piekielny (Gallimard)
« « Quand tu rencontreras de grands personnages, des hommes importants, promets-moi de leur dire : au n° 16 de la rue Grande-Pohulanka, à Wilno, habitait M. Piekielny… »
Quand il fit la promesse à ce M. Piekielny, son voisin, qui ressemblait à « une souris triste », Roman Kacew était enfant. Devenu adulte, résistant, diplomate, écrivain sous le nom de Romain Gary, il s’en est toujours acquitté : « Des estrades de l’ONU à l’Ambassade de Londres, du Palais Fédéral de Berne à l’Élysée, devant Charles de Gaulle et Vichinsky, devant les hauts dignitaires et les bâtisseurs pour mille ans, je n’ai jamais manqué de mentionner l’existence du petit homme », raconte-t-il dans La promesse de l’aube, son autobiographie romancée.
Un jour de mai, des hasards m’ont jeté devant le n° 16 de la rue Grande-Pohulanka. J’ai décidé, ce jour-là, de partir à la recherche d’un certain M. Piekielny.»
Evariste (Gallimard)
À quinze ans, Évariste Galois découvre les mathématiques ; à dix-huit, il les révolutionne ; à vingt, il meurt en duel. Il a connu Raspail, Nerval, Dumas, Cauchy, les Trois Glorieuses et la prison, le miracle de la dernière nuit, l’amour et la mort à l’aube, sur le pré.
C’est cette vie fulgurante, cette vie qui fut un crescendo tourmenté, au rythme marqué par le tambour de passions frénétiques, qui nous est ici racontée.
François-Henri Désérable est l’auteur de plusieurs romans et récits de voyage, dont
L’Usure d’un monde, Un certain M. Piekielny et Mon maître et mon vainqueur
(Grand prix du roman de l’Académie française 2021).




















